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Un voyage, une épopée ! partie 2

Modifié le 13/02/2024 par SYLVIE PETIT

Notre arrivée à Rome

Il est 9h30, la gare de Roma Termini est déjà en ébullition. Une longue journée nous attendait, mais nous étions toujours aussi excités, la fatigue ne nous avait pas encore accablés. Nous étions 4 enfants à attendre sur le quai de la gare où une chaleur étouffante régnait dès le matin. Assis sur de grands bancs en marbre noir, nous devions patienter jusqu’à 19h. Nous étions à Rome, plus personne ne parlait français ! Nous avions fait plus de la moitié du chemin !

Dès notre arrivée, mon père partait avec mon grand frère et ma sœur se promener. Mon petit frère et moi, restions avec ma mère et les bagages, assis sur des bancs à l’ombre. Les heures mettaient un temps infini à passer. A ce moment-là, je n’aurai jamais pu imaginer que ces longues heures d’attente allaient devenir pour moi, plus tard des souvenirs tendres et nostalgiques. Je me souviens encore de cette chaleur qui lentement devenait suffocante. La fatigue d’une nuit quasiment blanche à regarder les paysages et cette chaleur accablante nous faisait perdre nos forces ! Ma mère prenait soin de nous mettre à l’ombre dès que le soleil venait caresser notre peau. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour nous protéger, nous mettre à l’ombre, maintenir nos petites têtes fraiches avec l’eau des fontaines, afin d’éviter une insolation !

Enfin, l’heure de midi arrivait, mon père partait acheter des pizzas ! De la vraie pizza ! Tout le monde était heureux ! Mais pas moi ! Eh oui, cela peut surprendre, mais j’étais probablement la seule petite fille au monde à ne pas aimer la pizza ! Tout le monde sautait de joie quand mon père les ramenait, mais moi, je faisais la moue. Alors ma mère voyant ma frimousse me tendait un délicieux panini rempli de mortadelle. Attention, il ne s’agit pas du panini que l’on connaît aujourd’hui en France, mais d’un savoureux petit pain rond creux que l’on peut remplir avec de la charcuterie et du fromage. Heureusement, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, et aujourd’hui j’adore la pizza ! Mais, après ce petit moment de joie, l’après-midi allait être vraiment très très longue. Le soleil devenait de plus en plus chaud, toujours pas un seul brin d’air. La chaleur devenait notre ennemie, la température était tellement importante qu’il semblait qu’une brume de chaleur s’élevait au-dessus des rails. Une véritable fournaise s’installait. La fatigue commençait à se faire sentir, nous étions morts de sommeil et drogués par le soleil. Allongés sur les bancs chauds, nous attendions, attendions…

Une bataille commence !

Enfin, au loin le train rentrait en gare ! Alors allait commencer pour mon père une véritable bataille !

_ Écoutez-moi bien les enfants, je vais monter dans le train avant que celui-ci n’entre en gare pour réserver nos places. Vous ne bougez pas tant que le train n’est pas à l’arrêt !

_ Aldo, dès que le train est arrêté, tu prends une valise et tu me rejoins dans le compartiment, comme ça, je peux venir aider ta mère ! Tu ne laisseras rentrer personnes ! D’accord ?

Mon frère fit signe de oui avec la tête, alors mon père s’élança et se mit à courir le long du quai pour ensuite sauter dans le train. Il fallait impérativement qu’il soit dedans avant que celui-ci n’entre en gare. Être le premier, voilà ce qui était important, arriver avant les autres, pour pouvoir placer sur les sièges les billets ! Bloquer l’accès de notre compartiment. Tenir contre les assaillants ! Car les réservations, tout le monde s’en moquait, les places appartenaient à celui qui était là le premier, la loi du plus fort l’emportait ! Même le contrôleur n’arrivait pas à faire entendre, raison aux passagers. La loi était la suivante : le premier arrivé, le premier servit et tout cela avait lieu, car il y avait plus de voyageurs que de places ! Le train en gare, mon frère rejoignit mon père. Un par un, nous montions dans ce train, où une chaleur épouvantable se dégageait, il devait faire plus de 50 °C à l’intérieur, pas de climatisation. Les trains étaient des vieux trains, il nous est même arrivé de voyager dans des wagons avec des sièges en bois ! La foule se jetait sur le train, tout le monde essayait de se frayer un chemin. Les contrôleurs étaient dépassés par la situation ! Bien évidemment, des querelles avaient lieu pour savoir à qui revenait les places. Les contrôleurs n’arrivaient à rien. Les gens parlaient fort, on était dans un autre monde. Cependant, je me souviens que malgré tout ce brouhaha, j’étais heureuse. Après des discussions, et des cris, chacun trouvait sa place, et enfin, le contrôleur pouvait siffler le départ avec plus d’une de retard. Lentement, le train quittait la gare de Roma Termini et une nouvelle aventure nous attendait dans ce train avant d’arriver à destination de Cutro une petite ville de Calabre.

Suite au prochaine Article !

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